extrait 1 :

— Jack, je te présente ma sœur, Esil.
Jack ne comprit pas tout de suite ce que Maxton était en train de lui dire. Puis il suivit la direction qu’indiquait son bras.
Il vit la jeune fille à trois ou quatre corps de hauteur. Son dos était soudé à la pyramide. L’une de ses jambes terminait sa course dans la poitrine d’une jeune femme, juste entre les seins. La main d’un homme paraissait délicatement posée sur sa bouche. Les yeux de la jeune fille étaient vert d’eau.
Dès que leurs regards se croisèrent, Jack eut l’impression de couler à pic.


extrait 2 :

Le taxi se posait. L’horizon était bouché par un gigantesque mur de béton.
— Qu’est-ce que… commença Jack, ébahi.
— Nous voilà arrivés, dit Rony. Vous pouvez admirer la façade sud du centre logIA de Cheebar. Sept kilomètres de base sur cinq kilomètres de hauteur. L’ensemble du bâtiment totalise une surface au sol d’environ soixante-quinze kilomètres carrés : le plus grand phénomène d’expansion connu.
Ils sortirent du taxi.
— Attendez-nous là. Nous ne serons pas longs.
— Bien, monsieur, répondit le taxi dans un flot de friture.
Une des membranes vocales claqua.
— Ne vous inquiétez pas, poursuivit-il. J’ai été révisé il y a une semaine. It’s okay, buona notte, allons garçons, tout baigne !
Puis il coupa son moteur.
— Tout compte fait, nous préférons rentrer à pied, enchaîna Rony, n’est-ce pas, Jack ?
Ce dernier acquiesça en souriant.
— Comme vous voulez, cari mascherati, je moi-même n’en plus finir. E viva l’España !
Le taxi décolla à la verticale. S’immobilisa à une trentaine de mètres de hauteur. Pivota et fonça droit devant lui.
Il s’écrasa sur le premier immeuble qui satisfaisait aux conditions minimales d’interception.
Jack déglutit, se gratta le nez, émit un léger couinement imbibé d’adrénaline. Toute la panoplie expressive du rescapé.
— Crise d’identité, commenta Rony. Les machines les plus perfectionnées s’avèrent sensibles aux bouleversements topographiques.


MondocaneJacques Barbéri