Nick continue de parler, mais je ne l’écoute plus. Mon regard a filé le long de l’autre aile de la pièce, du salon jusqu’au coin repas, plus modestement décorée, probablement relookée par le chirurgien brésilien: mélange de marbre clair et de métal brossé, tout en ligne pures et en baies vitrées qui convergent vers une immense terrasse surplombant… la mer !
Je n’avais vu jusqu’à présent de l’extérieur que le parc et, au-delà du mur d’enceinte, la chevelure sombre de la forêt; il y avait bien eu cette griffure sur la vitre à mon réveil – le passage subreptice d’une mouette ? – mais je n’avais jamais imaginé un seul instant que la clinique fût située au sommet d’une falaise. Et j’ai soudain l’impression, comme aurait pu le dire… quelqu’un dont le nom m’échappe encore, friand de théories freudiennes emberlificotées, que la clinique est comme une idée, un rêve, perdu entre l’ombre primitive et inquiétante de la forêt et la lumière éclatante, bleu incandescent, de l’océan.

 

L’Enfer des masquesJacques Barbéri