Mardi SF [Libération] – pour Michael Roch, il faut « une science-fiction de relation »

1 Juin 2022 | Actus

Comme chaque mardi, Libération propose un zoom sur un récit de science-fiction qui fait remuer le monde littéraire. Cette semaine, Michael Roch s’exprime sur Tè mawon, roman polyphonique porté par un souffle insurrectionnel.

La Volte partage avec vous un bout de cette interview :

L’ultra technologie côtoie le rêve d’un monde perdu, le Tout-Monde.

J’ai emprunté le concept de Tout-Monde à Edouard Glissant. Pat recherche la terre des ancêtres qu’il pense cachée sous Lanvil en ayant oublié que le Tout-Monde est cette vision de la relation portée par Edouard Glissant. Cela pointe le problème de transmission de la pensée des plus anciens au plus jeunes. A travers le temps, les choses se perdent si elles ne sont pas retravaillées, redites.

Pourquoi avoir choisi un roman polyphonique ?

Parce que j’adore la langue et sa richesse issue de toutes ces diversités. Dans mes précédents romans, il y avait un seul personnage dont je travaillais la voix en fonction de ce que je percevais du personnage. Dans Moi, Peter Pan (Le Peuple de Mü, 2017), on a quelque chose d’assez naïf et en même temps d’assez juste. Dans le Livre jaune (Mü, 2020), le pirate très romantique s’exprime dans un français plutôt châtié. Ici, pour signifier la diversité de ce territoire qui s’étend horizontalement sur l’arc caribéen, mais aussi verticalement dans les tours avec une classification des couches sociales, et des personnages qui évoluent dans ces différentes couches, il fallait les faire parler différemment. J’aime beaucoup trouver des intonations, des chants, des rythmes qui correspondent à ces diversités et à les incarner. Cela aurait été dommage d’opter pour un style unique.


Un échange avec Frédérique Roussel, à découvrir dans son intégralité sur le site de Libération.

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