Roman – Rayon littératures de l’imaginaire

L’argumentaire du livre

Illustration de couverture
par Corinne Billon

Broché – 312 pages – 20 €
ISBN : 978-2-37049-104-6

Parution le 23 septembre 2021

Maquette et caractères typographiques intérieurs 
par Laure Afchain

Comme ce monde est joli

Karen Joy Fowler

 

Karen Joy Fowler, exaspérante archéologue du présent, gratte sous nos perceptions et nos fabrications culturelles pour révéler, par tous les moyens s’offrant à la littérature de genre, la topographie brutale de nos inconscients et de nos relations. Des nouvelles à hanter, à mâcher, à cingler.


Comme ce monde est joli rassemble des nouvelles souvent primées, issues de différents ouvrages de l’autrice. Il rend compte de la variété des registres littéraires de Karen Joy Fowler (weird, fantastique, intimiste, réaliste décalé, fantasy, science-fiction) et rassemble des textes à forte charge psychologique, où l’inquiétante étrangeté imprègne des scènes du quotidien (scènes de famille, de bar, de camping, petit-déjeuner, etc…).

En s’écartant de la construction classique de « la nouvelle à chute », et à la manière des contes cruels d’E. T. A. Hoffmann, l’autrice explore les terreurs infantiles et le royaume des mères, effeuille les convenances sociales et morales pour mettre à nu nos instincts les plus intimes et nos pulsions de survie les plus taboues.

Mordant, parfois cynique, et percutant à la manière d’une Joyce Carol Oates, Comme ce monde est joli est un recueil sur l’Interdit, une exploration de nos appétits et de nos peurs les plus secrètes : un recueil humain, trop humain.

Dix-sept nouvelles choisies et traduites de l’anglais (États-Unis) par luvan et Léo Henry.



 

Extrait

« Je suis ta mère désormais », dit la vieille femme à Norah.
Elle était très âgée, le visage comme une feuille morte froissée. « Mais pas comme ton autre mère. Deux choses différentes. Un : je ne t’aime pas. Deux : quand je te dis quoi faire, tu le fais. Tu m’appelleras Mama Strong. »
Mama Strong se courba de manière à ce que ses yeux soient dans ceux de Norah. Ses pupilles étaient deux minuscules perles noires.
« Va dormir. On parle demain. »

K.J. Fowler, Pelican Bar

La Volte