Bienvenue dans l'après-monde
2 sept. 2026
La rentrée littéraire de 2026 n'est pas une rentrée comme les autres : avec Retour au goudron, l’œuvre post-exotique trouve sa symphonie finale.
En onze livres publiés chez onze maisons d’édition, le collectif d’auteurices fantomatiques rassemblé sous le nom d’Infernus Iohannes – et dont Antoine Volodine est le porte-parole – rassemble un dernier chœur de voix avant l’extinction.
La Volte est honorée de compter parmi les officiantes de cet ultime rituel. Avant de vous confier notre petit malaise, plongeons ensemble dans un labyrinthe grandiose construit depuis 40 ans.
TOUT AU FOND,
QUELQUE CHOSE
RACONTE ENCORE
Hanté par les espoirs, cauchemars et affolements politiques du vingtième siècle, le post-exotisme est un espace-temps désorienté où errent les révolutionnaires vaincus, voués à la perpétuité et parfois plus encore, la mort n’étant pas la fin des peines. Dans cet univers d’enfermement, la parole devient une pratique collective de survie, une littérature transmise en murmures après la catastrophe.
UN DERNIER CHAPITRE,
ONZE POINTS D'ENTRÉE
Retour au goudron est une performance littéraire et éditoriale. Implacable comme les œuvres de G. Perec et folle comme La Maison des feuilles, ces livres protéiformes qui se changent en jeu d’échecs, en labyrinthe, en souvenirs d’enfance.
Ici il n’y a pas d’ordre à respecter ni de bon endroit où commencer : chaque livre possède son souffle indépendant, augmenté par le tissage des échos. Il est impossible de prédire dans quoi vous atterrirez. Peut-être des obscurités visqueuses. Peut-être le feu.
Volodine, c'est une écriture hantée, une chambre forte où résonnent tous les drames du xxe siècle, dans l'atmosphère dévastée tragi-comique qui donne à l'œuvre sa cohérence.
— Anne Crignon, Le Nouvel Obs
Malgré les noirceurs, ou parce que tant de désespoir confine à l'absurde, un humour de la dérision émerge de la débâcle. Antoine Volodine le revendique aussi, lors d'un entretien avec Jean-Claude Vantroyen pour Le Soir : « Par son excès, par sa théâtralité, par cette mise en scène jaillissante » en orbite autour de la phrase finale "Je me tais." – conclusion annoncée il y a quinze ans déjà – « cette dernière aventure post-exotique a aussi un aspect volontairement drolatique. »
MALAISE CHEZ
LES PLONGEUSES
Alors que l'humanité s'éteint à petit feu, sept agents et agentes surentraînés s'enfoncent dans les rêves des survivants pour tenter d'observer, voire de sauver ce qui peut l'être.
Formés aux techniques militaires comme aux exercices spirituels les plus périlleux, ils et elles affrontent, au fil de leurs plongées, un réel qui se fissure dans un ultime sursaut, mais aussi l'absurdité de leurs objectifs et leurs propres fragilités psychiques. Et cette question vertigineuse : que reste-t-il à sauver lorsque la catastrophe a déjà eu lieu ?
« Peut-être qu’il n’y a rien, s’obstina Nashree.
Peut-être qu’il n’y a pas d’au-delà.
– Si, bien sûr, il y a un au-delà, gronda Tynianiv.
C’est là que nous vous envoyons.
C’est là que vous allez depuis le début. »
CHŒUR BATTU
Le post-exotisme nourrit aussi des incarnations musicales. Quelques livres ont été adaptés ou prolongés, mais il existe aussi un livre-objet unique en son genre, une œuvre originale restituant la palette des atmosphères chamaniques de cet univers.
Les Variations Volodine sertissent les poèmes en prose d’Antoine Volodine de compositions musicales signées Denis Frajerman. La plume tour à tour prophétique, incantatoire de l’écrivain d’un côté, les ensorcellements mélodiques du musicien-voyageur de l’autre.
Découvrez un extrait sonore ci-dessous :
6 CD (physique + digital)
et 64 PAGES
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