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[VIDÉO] Créolisation de l’écriture – Michael Roch se dévoile sur Martinique Première

15 Mar 2022 | Actus, Clameurs)) )

Retrouvez Michael Roch, auteur de Tè Mawon et invité d’honneur du Festival les Imaginales sur le JT de Martinique 1ère, à l’occasion de la sortie de son nouveau roman.

MARTINIQUE 1ERE
Un écrivain martiniquais invité d’honneur du festival Les Imaginales, c’est la première fois. Michael Roch sort aujourd’hui son nouveau roman Tè mawon aux éditions La Volte et il est notre invité. Bonjour Michael.

MICHAEL ROCH
Bonjour.

MARTINIQUE 1ERE
Alors vous allez prononcer mieux que moi évidemment. Le roman se passe en Martinique : il décrit un futur d’hyper-industrialisation de la Caraïbe et une révolution pour se réapproprier la terre, mais aussi pour secourir les plus pauvres.

MICHAEL ROCH
Oui. Ce n’est pas forcément une alerte qui est donnée dans ce bouquin. En tout cas ce sont des questions qui sont effectivement urgentes mais l’idée du roman, c’est surtout d’ouvrir les possibles, de montrer peut-être un chemin alternatif qui permettrait d’éviter les catastrophes qui peuvent nous entourrer et peuvent survenir dans la Caraïbes.

MARTINIQUE 1ERE
C’est ce qu’on appelle une dystopie ?

MICHAEL ROCH
Une dystopie.

MARTINIQUE 1ERE
Une dystopie, un futur qui n’est pas très agréable à envisager.

MICHAEL ROCH
Et là on est dans la contre-dystopie.

MARTINIQUE 1ERE
Alors vous avez glissé un petit mot Kréyol, justement vous avez de l’audace, parce que, à part le titre, qui est en Kréyol, Tè mawon, vous avez aussi des phrases en Kréyol. Je voudrais lire un extrait que j’ai repéré mais il y en a beaucoup d’autres. Donc ça commence en français :

« Il tire. Il mord. Il hurle. Il s’arracherait la langue pour faire la douleur s’effacer. Il s’arracherait les yeux pour faire ses larmes se taire. »

donc là, on a une première construction martiniquaise, et puis

« Sa ka fann tjè mwen, mais t’y es presque, my flingue. Tjenbé. »

Alors, c’est une maison d’édition française, c’est pour un public Martiniquais mais français aussi. Est-ce qu’un lecteur français peut aussi s’y retrouver

MICHAEL ROCH
Tout à fait, tout à fait. Le texte a été travaillé pour que même s’il y a du kréyol dedans, le contexte du paragraphe, le contexte du chapitre, puisse donner une idée de la nuance de ce qui se dit en kréyol. Le but du roman n’est pas de prendre soin du lecteur français justement. L’idée de ce roman, c’est la rencontre entre les langues et les cultures de tous les lecteurs. La Caraïbe est au carrefour de tout cela. À partir de quel moment on refuse la culture de l’autre, la langue de l’autre ? c’est l’expérience que font les personnages de ce roman et que fait aussi le lecteur.

MARTINIQUE 1ERE
Est-ce que vous vous placez dans l’héritage de la mouvance lancée par Chamoiseau, Glissant, Confiant.

MICHAEL ROCH
Oui, toujours un peu plus loin, celui d’Alfred Alexandre aussi, qui a beaucoup travaillé sur l’urbanité dans la Caraïbe. On a un héritage littéraire qui est dense et fourni et je ne pourrais pas faire l’impasse des idées qui circulent et de cet héritage là pour fonder cette science-fiction oui.

MARTINIQUE 1ERE
En tout cas, Patrick Chamoiseau, il vous lit, et voilà ce qu’il a à dire sur vous. Ça devrait s’afficher sur l’écran :

« Je suis très heureuse de lire Michael Roch, il ajoute une dimension précieuse à notre littérature. Il la rapproche de sa maturité. »

Patrick Chamoiseau

MICHAEL ROCH
C’est super. C’est génial.

MARTINIQUE 1ERE
Je sais que c’est l’un de vos modèles en fait.

MICHAEL ROCH
Oui, dans l’évolution de sa pensée, la construction de son discours aussi, il a beaucoup influencé les idées que j’ai transmises dans Tè mawon, au sujet notamment de la diversalité, qui est un concept qui pourrait s’opposer à celui de l’universalité, encore une fois, un chemin alternatif.

MARTINIQUE 1ERE
Il y a une transmission qui se fait, on n’a pas énormément de temps donc j’aimerai parler des Imaginales, l’un des plus gros festivals de littératures de l’imaginaire d’Europe et vous êtes l’invité d’honneur et le coup de cœur. Il est consacré à l’afrofuturisme. Comment la littérature martiniquaise peut s’inscrire dans cet afrofuturisme ?

MICHAEL ROCH
L’afrofuturisme, c’est raconter des histoires où l’homme est la femme noires sont dans un futur épanoui et dénué de discriminations envers eux. La spécificité caribéenne, c’est que justement, on est au carrefour de ces cultures, et que l’afrofuturisme caribéen ne pourrait se débarrasser de toutes ses constituantes.

MARTINIQUE 1ERE
Merci beaucoup, on aura l’occasion de reparler de vous puisque vous allez signer prochainement Tè mawon, qui sera bientôt en signature à Kazabul le 19 mars. Merci beaucoup Michael Roch.

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