TÈ MAWON – La première chronique du nouveau roman de Michael Roch, en librairie aujourd’hui

10 Mar 2022 | Actus

Lanvil, mégapole caribéenne, vitrine rutilante des diversités culturelles, havre pour tous les migrants du monde, est au centre de tous les regards.

À l’occasion de la publication de Tè Mawon, La Volte partage une première chronique pour vous présenter cette histoire à l’âme révolutionnaire, qui marque la naissance de l’afrofuturisme caribbéen en France.

« L’afrofuturisme, en littérature, est la projection de nos sociétés afrodescendantes dans un futur prophétique où les individus ne sont pas discriminés ou oppressés. Ce sont des récits afrocentrés qui tendent à rééquilibrer une littérature qui ne propose que des modèles positifs blancs et occidentaux, auxquels la majeure partie des populations caribéennes n’a jamais réussi à s’identifier, c’est-à-dire des récits qui parlent de ces sociétés, racontées par elles et pour elles. Tout l’enjeu de la SF caribéenne commence là où l’afrofuturisme échoue : envisager une SF non seulement où les personnes noires ne sont pas l’objet d’un regard oppresseur, mais aussi une SF multi voire transculturelle, au regard de l’héritage immatériel laissé par Edouard Glissant et d’autres penseurs caribéens. Cette SF ne serait plus afrocentrée, mais créolisante.

Michael Roch renvoie ici à une définition de l’afrofuturisme comme moyen pour les personnes afrodescendantes de restaurer un équilibre dans les fictions de l’imaginaire qui présentent une majorité de modèles blancs et occidentaux, ce qui rejoint ce que déclare N. K. Jemisin dans sa préface de Lumières Noires, lorsqu’elle affirme que très peu (voire pas du tout) d’auteurs non-blancs étaient présents dans les revues ou les maisons d’édition.

[…] on cherchait les preuves de cette « ouverture ». Il me suffisait de lire la table des matières d’une revue ou la page web d’un éditeur pour voir ce qu’il en était ; la liste des auteurs ne comportait pratiquement aucun nom « étranger » ou de femme.

L’afrofuturisme vise alors à donner une visibilité aux auteurs, mais aussi aux personnages noirs dans un monde où ils ne sont pas présents ou représentés (ou alors ils le sont sous un prisme exotisant ou altérisant, ce qui n’est pas franchement mieux). Cependant, Michael Roch affirme que l’afrofuturisme échoue dans certains de ses objectifs et appelle une SF caribéenne, influencée par la pensée d’Édouard Glissant, un romancier, poète et philosophe français qui a traité des thématiques du « Tout-Monde » dans le Traité du Tout-Monde, défini comme « […] notre univers tel qu’il change et perdure en échangeant et, en même temps, la « vision » que nous en avons […] », ce qui signifie qu’il est nécessaire de modifier le regard que l’on porte sur le monde et ses évolutions. On peut d’ailleurs noter que le « Tout-Monde » est ce que recherchent certains personnages du roman de Michael Roch, notamment Pat et ses compagnons. »

Cette chronique est à découvrir dans sa totalité sur le site Les Chroniques du Chroniqueur.

Michael Roch, Tè Mawon, La Volte, 2022.

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